RECYCLE / UPCYCLE

L’approche conventionnelle a tendance à mettre en concurrence le recyclage et l’upcycling. Mais si tous deux jouaient de concert tant dans leurs limites que dans leurs enjeux et perspectives ?

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B-A BLA

Le recyclage est défini dans le code de l’environnement comme « toute opération de valorisation par laquelle les déchets, y compris les déchets organiques, sont retraités en substances, matières ou produits aux fins de leur fonction initiale ou à d'autres fins ».  

L’upcycling (1) quant à lui consisterait à utiliser des objets et des matériaux destinés à être jetés pour les réintroduire dans la chaîne de consommation, après leur avoir redonné une valeur, une utilisation et une destination différentes de celles qui étaient originellement la leur. Valorisation des déchets et matières premières dans les deux cas.

« faire du neuf avec du vieux », a toujours existé ! 

Des premiers métaux usagers fondus pour en fabriquer de nouveaux (3000 av. JC) au premier centre de recyclage de matières plastiques aux USA (1973), en passant par la première décharge municipale à Athènes (500 av. JC), nous ne pouvons oublier le papier confectionné à partir de vieux chiffons de lin inventé par le ministre de l’agriculture chinois ou le papier recyclé né au Japon au XIème siècle. Il aura fallu attendre six siècles après cela pour voir naître la première entreprise de recyclage (Philadelphie – 1690). Les parisiens se souviendront aussi d’Eugène Poubelle (préfet de la Seine) qui leur impose dès 1884 de déposer leurs ordures ménagères dans des récipients clos pour faciliter leur collecte.

Qu’en est-il de l’Upcycling ?

La maxime de Lavoisier « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme », inspirée du philosophe grec Anaxagore - qui écrivait- « Rien ne naît ni ne périt, mais des choses déjà existantes se combinent, puis se séparent de nouveau », a été appropriée par le courant de l’upcycling. Hasard ou coïncidence que l’on ait emprunté le concept de surcyclage à un chimiste ayant découvert et nommé l’oxygène et l’hydrogène. Notre planète a bel et bien besoin de « ralentir » (slow motion) pour nous permettre de continuer à « re-spirer ».

Si en pratique les pays en voie de développement ont bien été les précurseurs de l’upcycling par nécessité et manque de moyen, nos aïeux ont également « surcyclé » : prenons l’exemple des patchworks ou des pulls détricotés par nos grands-mères pendant la guerre pour en faire des nouveaux.

Aujourd’hui très présent dans les domaines de l’art de la mode et du design, la pratique de l’upcycling reste toutefois encore confidentielle.

Le site de l'ADEME 'longue vie aux objects :

> Quesako-éco

> La RSE

> Recyclage et Upcycling

.... focus sur : Slow Fashion versus Fast Fashion

> Économie Locale, et économie circulaire

...focus sur : Agriculture biologique et/ou raisonnée 

 

...Prochainement :

> Les labels, les normes, les notations, que choisir ?

> Marketing et communication responsable

> l'Art et l'écologie

 

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Des Enjeux ?

L’impact environnemental est la raison d’être par essence de nos « deux amis ». En recyclant on réutilise nos ressources, en « surcyclant », on évite de créer un nouveau produit. Recyclage et surcyclage luttent ensemble (« par le bas » ou « par le haut) contre le gaspillage et vers un objectif zéro déchet pour le second. L’un encourage les entreprises et industriels à éco-concevoir, l’autre engage la créativité de chacun à des fins plus esthétiques que consuméristes. Tous deux œuvrent pour une production et consommation responsables qui figurent parmi les 17 Objectifs de développement durables (ODD- définis par l’ONU) (2).

 

No, no limites ?

L’upcycling « reproche » à son aîné de réutiliser par le bas faisant perdre de la valeur à la matière recyclée, d’être toujours plus énergivore, faisant de nouveau appel au processus industriel et nécessitant des ressources et moyens techniques importants. Il dénonce de fait la pollution induite par les nouveaux déchets produits. Le serpent qui se mord la queue dira-t-on !

Quoiqu’il en soit le recyclage a le mérite d’être intégré à notre économie - l’efficacité industrielle comme alliée, de s’être élevé contre l’obsolescence programmée des objets, tirant vers le haut l’économie linéaire du « produire-consommer-jeter » vers une économie circulaire plus vertueuse, et surtout d’être réglementé (cf. décret d’application « 3R » (3) - Réduire – réutiliser – recycler, publié au JO le 30 avril 2021).

L’upcycling si prometteur soit-il reste majoritairement artisanal, non industrialisé (à quelques initiatives près et en toute logique pour rester cohérent avec ses valeurs, qui s’érigent contre le processus de production de masse et de surconsommation). 

LES 3 R : 

RÉDUIRE - RÉUTILISER - RECYCLER

 

Comment développer les initiatives dans la vie quotidienne et des entreprises pour que l’upcycling dépasse l’utopie. Le surcyclage survivra en devenant une niche économique suivant un modèle d’affaire bien dessiné à plus ou moins grande échelle. 

 

Normes, réglementations et labels (3)

Les entreprises ont, en plus du cadre réglementaire, la Responsabilité Sociétale (RSE) de se préoccuper du devenir de leurs produits en termes de pollution et de gestion de déchets. Mieux produire, éco-concevoir en mesurant l’impact environnemental de ces produits jusqu’à leur fin de vie. 

De plus en plus nombreuses sont celles dites « à mission », qui intègrent ces valeurs à leur profession de foi engageant avec elles leurs parties prenantes. Ces dernières quant à elles attendent de plus en plus de leurs partenaires et de cette responsabilité, tout comme les consommateurs ont une influence positive sur le process en exigeant toujours plus de transparence dans les méthodes de production et la qualité de ce qu’ils consomment.

L’upcycling quant à lui n’est pas (encore) réglementé, labélisé ou simplement attendu et pour cause il ne pollue pas ? Mais si les procédés venaient à se démocratiser, le surcyclage à s’industrialiser d’avantage, qu’en serait-t-il ? 

 

Collecte des déchets, recyclage, downcycling, upcycling, réparation…

Où en sommes-nous ? 

De l’obsolescence programmée des objets à l’écoconception, de la collecte des déchets à leur réutilisation : comment le cycle de vie des objets a évolué et se cherche encore ?

L’économie circulaire semble ici être une des solutions pour établir un système plus respectueux de l’environnement et des populations. Si des initiatives ont déjà été prises au niveau réglementaire, l’économie circulaire ne pourra être réellement mise en œuvre que si les entreprises cherchent à transformer avec conviction leur modèle économique, tout en engageant leur responsabilité.

La question de la disponibilité et de l’épuisement de nos ressources est aujourd’hui l’affaire de chacun pour préserver les générations à venir. Développons les initiatives, sensibilisons et formons les acteurs à notre transition écologique !

            Focus #1 > La mode et le prêt à porter

 

 

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(1) Upcycling : expression anglo-saxonne attribuée à l’architecte William McDonough et au chimiste Michael Braungart, détaillé dans leur livre Cradle to Cradle: Remaking the Way We Make Things (2002).

(2) 17 Objectifs de Développement Durables ont été définis par l’ONU pour « sauver le monde ». Ils nous donnent la marche à suivre pour parvenir à un avenir meilleur et plus durable pour tous. Ils répondent aux défis mondiaux liés à la pauvreté, aux inégalités, au climat, à la dégradation de l’environnement, à la prospérité, à la paix et à la justice. Les objectifs interconnectés devant être tous atteints pour ne laisser personne sur le bas-côté d’ici à 2030.

(3) (Normes et réglementations à l’échelle nationale)

- Loi de transition énergétique pour la croissance verte publiée au Journal Officiel du 18 août 2015 

Extrait : « Réduire les émissions de gaz à effet de serre de 40 % entre 1990 et 2030

Réduire de 10 % les quantités de déchets ménagers en 2020 ; passer à 65 % le taux de recyclage (contre 56 % en 2012) ; diminuer de 50 % la mise en décharge en 2025 (- 30 % en 2020).

- https://www.ecologie.gouv.fr/loi-transition-energetique-croissance-verte

- Loi anti gaspillage dite loi AGEC – janvier 2020 avec obligation de mise en application au 1er janvier 2021. https://www.ecologie.gouv.fr/loi-anti-gaspillage

- Décret d’application de la loi anti gaspi « 3R » publié le 30 avril 2021 : pièce essentielle de la loi Agec, le texte sur la réduction, le réemploi et le recyclage fixe des objectifs collectifs : analyse de cycle de vie, filière de recyclage opérationnel, particularité hexagonale devant être étendue au niveau européen selon les spécialistes.

- Label Lucie 26000 : https://www.labellucie.com